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02/07/2008 - La reconnaissance professionnelle

Interview - François Yettou, Directeur associé Cabinet ARCHI-MED
Dossier spécial « La reconnaissance professionnelle »
Agir Magazine n°17 – Mai/Juin 08
 
Agir Mag : Quelle est votre « définition » de la reconnaissance ?
François Yettou : La reconnaissance est liée à la connaissance et la connaissance appelle le « savoir ». La reconnaissance c’est savoir qui est l’autre. A partir du moment où je sais qui est l’autre, je lui désigne une « spécificité », c’est-à-dire une identité singulière. Ramené au cadre professionnel, cela suppose de reconnaître l’autre à la fois au cœur de l’organisation et comme « composante » de cette organisation. Autrement dit, l’autre contribue de fait à l’existence de l’organisation et à sa pérennisation ; ce faisant il existe lui-même. 
 
Agir Mag : À ce sujet, on retrouve souvent la notion de « reconnaissance existentielle » ?
F.Y : Oui, et elle s’origine dans un paradoxe : l’individu doit se plier aux consignes de l’organisation et, en même temps, avoir la possibilité d’exister en tant que personne à part entière dans celle-ci. La clé pour permettre ce double mécanisme est de reconnaître sans cesse l’autre comme « porteur de sens ». Prenons par exemple la question du salaire, la reconnaissance par le salaire est sans cesse dépassée parce que sans cesse renouvelée par des besoins en évolution permanente. Dès lors elle ne suffit pas précisément parce sans fin et que, quelque part, ça n’a plus de sens ! Il est nécessaire de lui adjoindre d’autres formes de reconnaissance basées sur les compétences, les connaissances ou les « récompenses affectives ». Cette approche là est au cœur du processus existentiel.
 
Agir Mag : Comment aborder justement la question du « sens » ?
F.Y : La reconnaissance développe la motivation intrinsèque à l’action, à l’apprentissage, à la performance, à la confiance, etc. Tout ceci crée et forme du sens. Le « sens » est une quête éternelle qui doit être nourrie par tous les moyens. Ainsi, un salarié va chercher continuellement auprès de son patron, son manager ou ses collègues la réponse à ses questions premières : « dites-moi si je suis bon », « dîtes-moi si je suis capable »…  Il est nécessaire de verbaliser ces choses là. Ce qui ne signifie pas qu’il ne faut pas aussi parler de ce qui ne fonctionne pas, mais en parler en tant que possibilités d’amélioration et non de jugement. Pour le dire simplement, un être humain ne peut pas vivre sans être reconnu et… aimé.
 
Agir Mag : Quels conseils pratiques pourriez-vous donner ?
F.Y : En termes de management, il est indispensable d’expliciter ce qui est attendu, de formaliser les tâches et de valoriser les résultats. Lorsqu’on les résultats ne sont pas « à la hauteur » de ce qui est attendu, il faut savoir expliquer les écarts et les situer dans des axes de progression pour ne pas tomber dans la dévalorisation. La dévalorisation produit de l’isolement, c’est la raison même du « bouc émissaire ». Par ailleurs, il faut laisser à l’autre un espace de création, que celle-ci soit un nouvel outil ou une autre procédure, ce qui importe c’est la contribution apportée, et elle doit être considérée… C’est toujours bon de s’entendre dire « ce que tu as fais est bien » ! 


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